L'ODJ Média

Avocats marocains : les exportations plongent de 50 % après un record historique


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 24 Mars 2026

Après un exercice 2024/25 phénoménal porté par les avocats, la saison 2025/26 du Maroc accuse un recul brutal des volumes exportés. Les conséquences climatiques et les défis structurels remettent en question la résilience d’une filière devenue symbole du dynamisme agricole national.



Avocats marocains : les exportations plongent de 50 % après un record historique

Le Maroc a battu tous les records lors de la campagne 2024/25, en expédiant 112 000 tonnes d’avocats vers les marchés internationaux, soit le double du précédent record enregistré en 2023/24. Ces volumes ont généré plus de 300 millions de dollars de recettes, plaçant le pays parmi les leaders africains du fruit vert, particulièrement prisé sur les marchés européens comme l’Espagne, la France et les Pays-Bas.
 

Pour beaucoup, c’était l’illustration d’une filière en pleine maturité, capable de rivaliser avec les grands exportateurs mondiaux tout en dynamisant l’économie locale. L’avocat s’était imposé comme l’un des produits phares des exportations agricoles marocaines, représentant une part importante des recettes en devises issues des fruits et petits fruits.
 

Toutefois, cette dynamique s’est inversée brutalement. Les chiffres provisoires de la saison 2025/26 montrent une chute drastique des volumes expédiés, qui plafonnent autour de 58 000 tonnes, soit une baisse d’environ 50 % par rapport à la campagne précédente selon les données consolidées en mars 2026. Ce retournement spectaculaire n’est pas imputable à un manque de demande, mais à une série d’aléas climatiques extrêmes frappant les bassins de production du Gharb et du Loukkos. Les producteurs rapportent des vagues de chaleur intense, avec des températures dépassant parfois 45 °C, provoquant une chute prématurée des fruits et des dommages irréversibles à la qualité exportable. Des épisodes de vents violents et d’inondations hivernales ont aggravé la situation et réduit les volumes exploitables.
 

Si l’on considère que la fin de saison, prévue pour avril, pourrait légèrement augmenter le total vers 60 000 tonnes, la perspective reste très en deçà du record précédent. La question qui se pose désormais est celle de la résilience et de l’adaptation de ce secteur stratégique face aux défis environnementaux un impératif pour sécuriser l’avenir des exportations marocaines dans un contexte de changement climatique.
 

Au cœur de ce choc, la filière avocat est invitée à repenser ses pratiques et à renforcer sa capacité d’adaptation si elle veut rester un pilier de l’agro‑export marocain.





Mardi 24 Mars 2026